Ça fait 4 ans à la rentrée que La Nef navigue contre vents et marées dans les vagues agitées de la création et de l’innovation, remonte les courants des modes et du “politiquement correct”. Et voilà qu’on va entamer le chantier de la mise aux normes du lieu, pour accueillir le public et travailler dans des conditions plus confortables.
C’est pas gagné car comme tout le monde le sait, les pompes à phynances sont taries et les fluides du précieux liquide coulent vers d’autres géographies où la terre est plus plate et déjà fleurie. Le 93 est trop accidenté et sans doute pas assez fertile pour les “princes” obtus qui nous gouvernent.
Nous allons avoir besoin de votre soutien et de votre solidarité.
Dans un premier temps venez aux présentations, inscrivez-vous aux ateliers, aux stages. Se cultiver, être curieux devient un acte politique.
Nous nous mettons aux normes pour pouvoir être encore plus hors normes.
A Paris, au festival d’Avignon, j’ai trouvé des créations en général très normées, souvent réalisées avec talent mais à coté des préoccupations et des remous de la société. “ Tout va bien Madame La Marquise”, telle parait être la rengaine à la mode de chez nous.
Certes on ne croit plus au Grand Soir, et les utopies sociales ont pris du plomb dans l’aile. Ça se passera peut-être dans plusieurs petits matins à l’aube claire, où on aura décidé enfin d’ouvrir les yeux et de refuser ce monde glacé et normé qui nous envahit. Ça se passera parce que chacun d’entre nous prendra la parole, s’adressera à son voisin, à son pire ennemi, et acceptera de prendre le risque de découvrir un artiste inconnu.
Vous l’avez compris ça se passera aussi dans des îlots de résistance à la Norme comme La Nef, où dès le départ nous avons opté pour la qualité et non pour la quantité, pour la création plutôt que la récréation, pour la poésie plutôt que la rhétorique, pour la recherche et le gout du risque.
Ce n’est qu’un début, continuons le débat. Venez nous contredire ! Polémiquez ! Engagez-vous. Nous entrons en résistance, n’ayons pas peur des mots, et venez avec nous couper la tête du Dragon de la norme sous toutes ses formes ! Le plus insidieux est celui qui se cache en nous et qui a plusieurs têtes, celui de l’autocensure et de la peur.
Venez voir, on a des artistes et des marionnettes qui servent à couper les têtes de Dragons !
Jean-Louis Heckel