Suite à leur rencontre en 2007, Jean-Louis Heckel a accompagné Elena Bosco autour de sa création « Tous les jours dimanche », dans le cadre de plusieurs temps de résidence à La Nef entre février 2009 et mai 2010.
Au titre du compagnonnage, cette collaboration avec La Nef - Manufacture d’utopies se poursuit de 2010 à 2013, autour de la nouvelle création d’Elena Bosco et de sa compagnie Le Pont Volant, « Le Murmure des pierres ».
Ce projet autour de la ville est basé sur la récolte de paroles, d’histoires, de morceaux de vie venant nourrir une thématique et un processus de création. Une démarche initiée par Elena Bosco avec “Tous les jours dimanche” et qui rejoint celle de Jean-Louis Heckel dans sa propre recherche artistique.
« Le Murmure des pierres » est né dans le cadre de MARION ’HALLES, un projet de la Maison du Geste et de l’image et des trois Lieux Compagnonnage Marionnette en Ile - de - France
La structure Le Pont volant – La Robe à l’envers est soutenue par le Département de la Seine-Saint-Denis

Le pont volant – La robe à l’envers
LE MURMURE DES PIERRES
poème documentaire pour comédiens, marionnettes, objets et vidéo
création 2010-2013, tout public
création collective sur une idée originale d’Elena Bosco
jeu, manipulation et écriture scénique : Elena Bosco, Daniel Collados, Cécile Vitrant
textes : Alan Payon
direction Elena Bosco
scénographie et marionnettes : Fleur Lemercier, assistée de Elena Bosco
création son David Schaffer
création vidéo et régie globale Ludovic Desclin
création lumières Romain de Lagarde
Et Italo Calvino de répondre dans sa présentation des Villes invisibles : « Les villes sont un ensemble de plusieurs choses : mémoire, désirs, signes d’un langage. Les villes sont des lieux d’échanges, comme l’expliquent tous les livres d’histoire de l’économie, mais ces échanges ne sont pas uniquement des échanges de marchandise, ce sont des échanges de mots, de désirs, de souvenirs ».
Depuis des siècles, les villes sont l’objet de la réflexion de philosophes, architectes et urbanistes. Aujourd’hui, elles s’étendent à tache d’huile sur la planète, explosent et happent plus de la moitié de la population mondiale. Pourtant, nous les sentons fortement menacées de disparition dans leur essence profonde. Les villes ne sont plus le lieu du vivre ensemble, de la rencontre, du politique, de la naissance et de la lutte d’idées, mais un terrain rentable, objet de convoitise d’un poignet de puissants et de leurs affaires.
Les villes sont menacées. À la fois elles sont aimées. Pour créer Le murmure des pierres, nous sommes partis à la rencontre de nombreux habitants de différentes villes. Les personnes que nous avons interviewées nous ont tous témoigné du sentiment d’appartenance profonde qui les lie et les construit jour après jour dans les villes où ils vivent. Ils nous ont raconté des histoires d’amour et d’amitié, avec toutes les complications, les conflits et les difficultés que l’amour et l’amitié impliquent. Au final, c’est bien nous, les habitants, qui faisons les villes !
Ou alors, cela n’est qu’illusoire, et nous sommes destinés à devenir des petits engrenages, si ce n’est à être broyés par cette mécanique complexe où le politique et le marché tissent des liens inextricables, que peut-être plus personne ne contrôle ?
Allons-nous renoncer et abandonner les villes, ou continuer de lutter pour elles ? Pourquoi lutter ? Comment lutter ? Pouvons-nous vraiment choisir de ne pas lutter pour elles ? Les villes sont un produit typiquement humain, elles marquent le début de la civilisation, ne serait-ce qu’au niveau du mythe et du symbole. Si elles sont le révélateur de notre propre humanité, sauver les villes reviendrait alors à nous sauver nous-mêmes…
Le murmure des pierres est une création développée par trois comédiens-marionnettistes, un auteur, une plasticienne, un créateur son, un créateur vidéo et un créateur lumière, sur la base des témoignages récoltés lors des interviews. Nourris de cette base commune, et en nous imposant la contrainte de chercher différentes façons de conjuguer le réel et le poétique, et de tester comme des alchimistes des formules à différents dosages et pourcentages, nous avons travaillé, de manière autonome et en parallèle, une écriture en images, une écriture en paroles et une écriture en sons.
Le travail collectif au plateau nous a permis de confronter ces trois écritures, jusqu’à aboutir à une forme de narration par fragments articulée autour de trois sujets dramaturgiques : les habitants interviewés avec leur voix et leurs mots, les personnages inventés des urbanitologues, et Le Dernier dans la tour à mi chemin entre réel et fiction.
Les comédiens-manipulateurs du Murmure des pierres jouent des personnages et manipulent à vue des images vidéo, des marionnettes portées à la plastique très minimaliste, des ombres chinoises, et des cubes blancs constituant un décor multiforme et changeant qui prend vie sous les yeux des spectateurs.
Nous cherchons ce point où le réel et le théâtre peuvent se rencontrer, se provoquer, s’entrechoquer pour renouveler et questionner le regard que chacun de nous porte sur sa ville, sur sa propre place au sein de la ville, et sur le rôle à éventuellement prendre dans la ville.
Elena Bosco
Le murmure des pierres est né dans le cadre de Marion’Halles, projet de résidences d’artistes marionnettistes sur le thème de “la ville entre mémoires et utopies”, conçu par la Maison du Geste et de l’Image de Paris et les trois lieux compagnonnage marionnettes Ile-de-France, en lien avec le chantier des Halles. Pour ce projet, Elena Bosco est artiste compagnon de La Nef – Manufacture d’utopies
Le projet est également soutenu par le Conseil Général de la Seine Saint Denis, Daru-Thèmpô (lieu compagnonnage marionnette Ile-de-France SUD), OdradeK/Cie Pupella-Noguès (lieu compagnonnage marionnette Midi-Pyrénées), Bouffou Théâtre à la coque (lieu compagnonnage marionnette Bretagne) et Le Chapiteau d’Adrienne.
