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Stage professionnel

Un maître japonais à La Nef

L'art du bunraku entre tradition et écriture contemporaine

  • Du
    29
    Janvier 18
    Au
    17
    Février 18

Stage professionnel

L'art du bunraku entre tradition et écriture contemporaine

Du lundi 29 janvier au samedi 17 février 2018
15 jours, 105 h
1ère et 2ème semaine : du lundi au vendredi de 10h à 18h
3ème sem. du mardi au samedi : mardi et mercredi de 10h à 18h, du jeudi au samedi de 14h à 22h
Restitutions publiques jeudi 15 et samedi 17 février à 20h et le vendredi 16 février à 15h et à 20h

Public : Professionnels du spectacle vivant (comédiens, danseurs, marionnettistes, metteurs en scène…)
Langue : japonais, traduction en français
Tarif autofinancement : 1740€ ttc, possibilité de paiement fractionné
Possibilité de financement AFDAS (ou autre) à titre individuel, pour le tarif nous contacter
Renseignements et inscriptions : Amélie Piron formations@la-nef.org - 01 41 50 07 20. Envoyer CV et lettre de motivation. Les dossiers seront traités par ordre d’arrivée.

L’art du bunraku* entre tradition et écriture contemporaine

Stage professionnel dirigé par le maître japonais Kanroku de la compagnie Mokugu-sha et ses trois disciples Ko Suzuki, Tokuzo Yoshida et Kyoko Matsuura.

*Une précision sur l’art du Bunraku
Le Bunraku, fort de plus de trois cents ans d’histoire, c’est un des arts traditionnels japonais qui se constitue des trois éléments : la narration, la musique du Shamisën et la marionnette. Il s’agit d’une sorte d’opéra marionnettique.
Dans ce stage nous aborderons un de ces trois éléments, l’art de la manipulation qui s’est développé au cours de l’histoire du Bunraku et qui s’appelle “San-nïn-zoukaï” (san= trois, nïn= personne et zoukaï= la manipulation), qui veut dire “manipulation par trois personnes”.

Fondée en 2005, la compagnie Mokugu-sha pratique le San-nin-zukai, la manipulation de marionnette à trois qui constitue le Bunraku, le théâtre traditionnel de marionnette au Japon. Dirigée par Kanroku, qui a travaillé comme marionnettiste professionnel au Théâtre National du Bunraku d’Osaka pendant 35 ans, elle est constituée de 10 disciples.
Leur répertoire comprend à la fois des œuvres classiques et des nouvelles créations. Pour ses créations la compagnie collabore avec des artistes de toute discipline, même à l’internationale.
Elle mène régulièrement des stages pour un public professionnel (marionnettistes, danseurs et acteurs) au Japon et à l’étranger, dans un esprit d’échange et de transmission de cet art traditionnel.

Le programme

Le stage s’articule en deux temps, une première partie consacrée à la technique de la manipulation à trois et une deuxième partie dédiée au jeu et à la création d’une forme théâtrale collective.

1ère partie : les huit éléments du San-nïn-zoukaï
Les signes
Les mouvements élémentaires
Les expressions émotionnelles
La construction des personnages
Le dialogue ou le jeu interactif
Les Katas
Les accessoires
La spiritualité de la culture japonaise

La maîtrise des signes permet non seulement d’improviser et de jouer plus librement mais également de s’ouvrir à d’autres disciplines comme la musique et la danse. Puisque ils peuvent être valables dans n’importe quel pays et culture, on pourrait les considérer comme les éléments universels du San-nïn-zoukaï.
Par contre les expressions émotionnelles et la spiritualité sont propres à la culture japonaise : il s’agit donc de transmettre, faire comprendre ces éléments pour mieux apprendre l’art du San-nïn-zoukaï.

Les signes
Le système qui permet l’improvisation aux trois marionnettistes, caractéristique principale de cet art considéré comme unique au monde, se base sur :
La relation, la collaboration entre le maître et les disciples.
La responsabilité de l’Omo-zoukaï (le marionnettiste principal) qui doit tout contrôler.
La capacité du Hidari-zoukaï (qui manipule la main gauche de la marionnette) et de l’Ashi-zoukaï (qui manipules les jambes) de suivre les indications du maître et de créer au même temps des espaces de liberté.
La communication basée sur les signes ainsi que sur les sensations.

Les mouvements élémentaires
La position de base (garder l’équilibre et maîtriser le centre de gravité).
Le bout des doigts et le regard.
Regarder, se lever, s’asseoir, marcher, se tourner, se coucher, parler, rester immobile. L’immobilité est une posture importante car elle saisie ce qui se passe à l’intérieur d’un personnage. En japonais, on l’appelle le Hara-guëï (hara=le ventre, guëï=l’art, donc “l’art du ventre”).
Nager, voler, danser, etc., des mouvements d’un niveau plus élevé.

Les expressions émotionnelles
Les respirations, les airs, les mouvements ainsi que des expressions paradoxales (le rire qui représente la colère ou la tristesse, etc.).

La construction des personnages
La distinction de sexe, d’âge, de condition sociale, etc.

Le dialogue ou le jeu interactif
Dans la manipulation à trois, la manière dont on écoute l’autre influence les expressions et les réactions.

Les Katas
Le Kata est le terme en japonais des séries de mouvements stylisés qui décrivent le point culminant d’une émotion ou le moment décisif d’une scène. L’expression physique basée sur une sorte d’exagération qui permet de créer des moments extrêmement théâtraux et convaincants dans le contexte du théâtre traditionnel japonais.
À la demande des participants, il sera possible d’aborder la danse traditionnelle japonaise.

Les accessoires
Nous aborderons la manière d’utiliser les accessoires traditionnels, et sur cette base, nous comprendrons ce qui est efficace et ce qui ne l’est pas parmi les modernes ou contemporains.

La spiritualité de la culture japonaise
C’est un aspect difficile à expliquer, il sera abordé au fur et à mesure et tout le long du stage.
Le Japon et la relation entre son art traditionnel et ses fêtes traditionnelles.
La notion du “Nïn-gyo” (“la marionnette” en japonais : nïn=l’être humain, gyo=la forme, donc littéralement traduit “la forme de l’être humain”), la signification de la manipulation de la marionnette par trois personnes nommée le “San-nïn-zoukaï” et la spiritualité du Japonais.
Le dilemme entre le “Guiri” (devoir) et le “Nïnjo” (affection ou sentiments humains), un sujet traditionnel qui finit souvent par provoquer un dénouement catastrophique.
L’attitude requise pour le marionnettiste, la différence et la corrélation entre le marionnettiste et l’acteur.
La marionnette ou le marionnettiste comme une sorte de “chaman” qui est gratifié de la “révélation” ou d’une force divine.
En outre, nous traiterons quelques conventions traditionnelles autour du San-nïn-zoukaï:
La règle et la notion du “Kurogo”, le costume noir qui est porté par les marionnettistes japonais.
Le sol imaginaire sur lequel les marionnettes vivent.
Le “Kamité” (le côté droit de la scène) et le “Shimoté” (le côté gauche) et la différence entre ceux-ci et les côté cour et jardin en Occident.


2ème partie : le jeu et la création d’une forme théâtrale collective
Cette deuxième partie va être consacrée plus particulièrement au jeu, à la mise en pratique de l’art du San-nïn-zoukaï à partir d’un texte écrit par Kanroku et traduit par Ko Suzuki. Une pièce sur l’actualité japonaise après le séisme, le tsunami et l’accident de la centrale nucléaire en 2011 où il est question de la relation entre l’être humain et les désastres naturels (ou la nature elle-même), un sujet universel. Des restitutions publiques sont prévues à l’issue du stage.

Kanroku

Il pratique la marionnette dès l’âge de 15 ans dans le lycée de sa ville natale. Il entre ensuite au Département de Théâtre à l’Université Waseda de Tokyo. En 1976, il est marqué par la performance du “trésor national vivant” Kanjuro Kiritake II. Il entre en tant que stagiaire au Théâtre National Bunraku d’Osaka après avoir quitté l’université en 1977. En 1979 il devient élève de Kanjuro Kiritake II et prend pour nom Kanroku Kiritake. Après la mort du maître, il devint apprenti de Minosuke Yoshida III, lui aussi “trésor national vivant” et prend pour nom Kanroku Yoshida en 1987. Depuis 1991, il collabore avec des artistes d’horizons divers : musique traditionnelle et contemporaine, danse, cirque et théâtre. Depuis 2006, en tant que directeur artistique de sa propre compagnie Mokugu-sha, il crée des spectacles originaux. Tout en poursuivant ces projets contemporains, il continue sa recherche traditionnelle en écrivant et en dirigeant de nouvelles adaptations des répertoires classiques Bunraku. Il soutient de plus en plus les théâtres des villages agricoles, qu’il cherche dans les zones les plus reculées du Japon et il en encourage le développement. Le séisme et le tsunami du 11 mars 2011 marquent un tournant dans sa vie. Yoshida Kanroku quitte alors la Société Bunraku et le Théâtre National Bunraku d’Osaka après 33 ans de carrière et devient un artiste indépendant, Kanroku, en janvier 2012. Avec ses élèves, il s’engage dans de nouveaux projets, représentations et ateliers, en particulier dans les régions sinistrées par la catastrophe.

Répertoire classique de la compagnie :
Kotobuki-ninin-Sanbaso (un numéro sur le rituel pour la purification du terrain)
Keisei-awa-no-Naruto (l’histoire tragique d’adieu entre les parents et leur fille bien-aimée)
Tsubosaka-Kannon-reigenki (un récit du miracle de la déesse Kannon de Tsubosaka)
O-Shichi, la fille de marchand de légumes (l’histoire tragique d’une fille, O-Shichi, qui a commis un grand crime pour son amour)
Sonezaki-shinju (Le double suicide d’amoureux à Sonezaki)

Répertoire contemporain de la compagnie :
L’histoire de Yoshiya Chiru (Une prostituée nommée Grue)
Une nouvelle interprétation de Ubasute-yama (La montagne où on abandonne ses propres parents)
Haha-nasake Rakujitsu-no Ono (Une hache dans le soleil couchant, qui tue la mère et la sœur pour sauver la famille)
La vie d’Édith Piaf
Nés sur cette planète