Artiste impliquée saison 2026-2027

Compagnie Ruska

Chloée Sanchez

Nuage

Artiste impliquée saison 2026-2027

Chloée Sanchez

La compagnie Ruska est créée par Chloée Sanchez en 2015 et domiciliée à Périgueux. Son parcours s’est construit en lien étroit avec des territoires ruraux, Chloée Sanchez ayant grandi en Lozère, dans un contexte où l’isolement géographique révèle autant de fragilités que de forces collectives.

Les actions culturelles et créations développées par la compagnie visent à rendre visibles des récits minorés, à interroger la norme et à affirmer le droit de chacun·e à une expérience artistique sensible, exigeante et accessible. La compagnie intervient auprès de structures spécialisées et médico-sociales, où elle mène des ateliers culturels autour de la thématique de la tendresse, en lien avec les arts de la marionnette, les arts plastiques, la photographie et le théâtre d’improvisation. Ces actions, qui ne relèvent pas uniquement de la médiation, constituent un véritable geste artistique et politique, plaçant la création au cœur du soin, de la relation et de la parole.

Chloée Sanchez travaille actuellement sur la création d’IMPACT, une forme visuelle et surréaliste où la recherche sur la matière et la physicalité questionne l’impact des violences ordinaires sur nos corps. En interrogeant les notions de vulnérabilité, de transmission et de présence au monde, ce projet s’inscrit dans la continuité des problématiques chères à la compagnie.

Les créations

BIBI

Inspiré du poème Bibi de Charles Pennequin, le projet explore notre rapport au réel, à l’illusion et aux récits que nous nous racontons pour exister. À travers un dialogue burlesque et sensible, deux marionnettes interrogent la croyance, la différence et la santé mentale, sans jamais les dramatiser. Par le biais de la poésie et de la transformation des corps marionnettes, Bibi ouvre un espace de réflexion accessible aux adolescent·es, où la fragilité devient une force et où l’imaginaire permet de faire lien. Le projet s’inspire d’une histoire vraie : celle d’un homme diagnostiqué schizophrène, qui, en pleine bouffée délirante, était convaincu d’être un super-héros.

Bibi est une forme interactive mêlant marionnette, parole et échange collectif. Le spectacle se déploie en deux temps : une pièce de 20 minutes, suivie d’un temps d’échange guidé, chorégraphié et mené par les marionnettes elles-mêmes. La forme est volontairement sobre et légère (deux marionnettistes et une technicienne). Elle est conçue pour être jouée partout afin d’aller à la rencontre des publics là où ils se trouvent.

Impact - Création 2028

IMPACT est une proposition plastique autour des violences ordinaires.
Elle y dévoile les impacts sur nos corps et nos espaces intimes et collectifs des violences ordinaires, et cherche comment faire émerger une tendresse engagée qui viendrait reconstruire nos sociétés.

Je souhaite décortiquer, avec IMPACT, nos rapports binaires à la faute. Le rapport binaire, c’est cette façon de tout diviser en deux : le bon d’un côté, le mauvais de l’autre, sans nuance ni complexité. Une binarité qui semble inscrite dans nos corps et nos réflexes, héritée de la religion, des systèmes judiciaires, de l’école, de la famille et de toutes les injonctions accumulées.

Dans ce système, assumer une faute comporte un risque : celui d’être entièrement défini par elle. Alors, presque inconsciemment, nous cherchons à nous innocenter, à minimiser, à nous déresponsabiliser pour préserver notre place dans un groupe. Comprendre cela, c’est comprendre pourquoi nos corps portent des traces de fautes que nous n’avons jamais pu regarder en face. Défaire la binarité de la faute, c’est laisser la tendresse réorganiser nos espaces communs. La tendresse, envisagée comme un geste politique, crée des situations qui défont les hiérarchies, dérangent l’ordre dominant et nous accompagnent à oser faire face à nos fautes, à nos manquements.

Le spectacle part de mes propres manquements, de mes ratures, de mes peurs, pour interroger la manière dont la faute - intime ou sociale - imprime nos corps et nos espaces. C’est une pièce qui explore les violences ordinaires, minimes ou diffuses, qui sculptent nos gestes, nos postures, nos respirations. Audre Lorde dit « La poésie pose les fondations des changements futurs.». IMPACT s’inscrit dans cet espace : un geste sensible avant d’être discursif.

La tendresse devient alors un geste politique capable de défaire les hiérarchies et de nous permettre d’affronter nos propres failles.

Mon travail s’appuie sur la sensation et l’image. Je souhaite élaborer une forme plastique autant visuelle que narrative, dans laquelle le texte reste épuré pour laisser place aux corps, aux matières et aux transformations scéniques. L’espace et les costumes deviennent des partenaires de jeu, presque des marionnettes, qui évoluent au fil des impacts.