Actualités

  • 14
    Mai 19

    Édito

    Allez les humbles, les proscrits, les bannis !

    Saviez-vous pourquoi les ronds-points ont proliféré d’un seul coup ?? Non pas pour des raisons de sécurité et de flux évidentes mais parce que cette idée très pragmatique, et donc anglo-saxonne, de réguler la circulation dans un seul sens  giratoire a été dans les années 80 90 la seule mesure consensuelle au sein des conseils départementaux et des instances régionales ! Fini la vieille rivalit…

    Saviez-vous pourquoi les ronds-points ont proliféré d’un seul coup ?? Non pas pour des raisons de sécurité et de flux évidentes mais parce que cette idée très pragmatique, et donc anglo-saxonne, de réguler la circulation dans un seul sens  giratoire a été dans les années 80 90 la seule mesure consensuelle au sein des conseils départementaux et des instances régionales ! Fini la vieille rivalité entre départements et surtout fi des bagarres idéologiques entre la gauche et la droite lorsque encore il n’y a pas si longtemps deux visions du monde s’affrontaient encore ! Et là d’un seul coup tous les élus se sentent investis d’une mission commune de bien-être et de sécurité pour tous ! Fini la priorité a droite, on tourne tous dans le même sens et après chacun trace sa route !? Il y en aurait plus de 60 000 sur les routes de France et voila t’il pas qu’ils ont l’idée de mettre des gilets jaunes pour qu’on les voit lorsqu’ ils traversent les routes pour se rendre dans ce qui pour pas mal d’entre eux est devenu leur maison ! Le 15 mai au soir certains mêmes y ont mis le feu en espérant que la manne financière tombée sur notre Dame ruisselle sur eux ! Que nenni! on va saupoudrer quelque millions d’euros de-ci de-là ! On reste quand même encore dans une république sociale démocrate avec le principe d’égalitarisme sur le fronton de nos mairies ! 


    Non mais c’est vrai vos gueules les mouettes ! Fallait monter dans le train avant! Dans une société libre comme la notre chacun a sa chance un moment donné ! Fallait pas céder a la tentation du petit pavillon avec  le joli gazon tout  vert autour et  la voiture garée devant! On entend les oiseaux chanter dans ce champ du 77! Il y a bien ce bruit sourd et entêtant de l’autoroute mais je vous assure on l’oublie on l‘oublie….


    Alors maintenant ça suffit! Vous allez reprendre votre voiture celle que vous n’arrivez pas acclimater à la fin du monde et à la fin du mois pour entrer dans le flux giratoire comme tout le monde et mettre votre clignotant sur la droite et rentrer chez vous ! Allez les humbles, les proscrits, les bannis, les rejetés, les périphériques, les rurbains, les déclassés, les homeless, les heimatslos et puis tous ceux qui sont sans dent, sans domicile fixe, sans papiers, sans parti, sans représentant élu, sans oublier ceux qui étaient au fond de la classe près du radiateur, ceux qui n’ont pas envie de courir et de mourir pour travailler plus et gagner plus. Maintenant foutez nous la paix le printemps arrive et on aimerait bien faire nos courses tranquillement le samedi après-midi ! Ce peuple, ces gens comme dirait Mélimanchon, prophète, sénateur à vie dont la colère ne fait plus recette (je préfère nettement la version de Jacques Brel de ces gens là) ces gens donc n’ont cure de la culture ; c’est le cadet de leur soucis !  Alors en plus aller au musée, au cinema encore moins au théâtre ca ne les concerne tout simplement pas! tout ca pour vous dire que je suis moi aussi de ces classes moyennes dites inférieures, je suis un frontalier, miraculé de l’ascenseur social, un immigré de l’intérieur toujours un peu décalé avec le sceau de la double culture française et allemande! Tout ca pour vous dire que je voudrais rendre hommage à un frère dans la vraie vie, un beau frère, un autre enfant des ronds-points. Lui par contre c’est un vrai chevalier des arts et des lettres et grâce à des études brillantes, à grimpé dans l’échelon social. Comme moi il parlait encore le dialecte très mal vu à l’école républicaine à l’époque !  C’était un sage, un humaniste, un type bien et quelques coups de pédales en trop sur son vélo ont eu raison de lui dans la montée du col du pigeonnier, que nous ne connaissions que trop bien.


    Il y a un autre type très bien qui s appelait G. Brassens, a tous les rappeurs youtubeurs je vous le dis cette chanson s’appelle l’auvergnat ! On pourrait l’inter changer avec l’alsacien qui sans façon m’a donné un petit bout de pain quand dans ma vie il faisait faim et écoutez-la bien car elle nous parle à sa façon des gens de peu qui battent le pavé tous les samedis  pour y trouver non pas la plage comme en 68 mais la rage ! 
    En partant le beauf m’a rappelé d’où je venais ! Et puis ça change le point de vue ! Ce ne sont plus des casseurs des emmerdeurs des empêcheurs de tourner en rond ! Mais simplement de vrais gens ! 
     La lutte des classes n’est pas morte comme on avait cru lorsque le mur de Berlin s’est effondré ! Notre président omniscient connaît bien la dialectique ! Il a été formé pour être à l’aise aussi bien avec les gens de peu qu’avec les happy few du CaC 40! Arrêtez n’en jetez plus ce n’est plus lui le souci mais bien le système de représentation qui est complètement faussé et detourné ! Alors le printemps est rude mais on est décidé à continuer à se battre ?? Venez et emparez vous de ces  espaces de liberté de paroles que sont le Kabaret Pop les fins de résidence! Le 16 juin venez et donnez nous vos pêchés au théâtre de Verdure de la Girandole à Montreuil ! Une fois de plus  Félicie et Luciano nous invitent dans leur jardin extraordinaire comme dirait Trenet, un autre type bien ce Charles là ! On vous prépare un
    dimanche mitonné aux petits oignons avec notamment la reprise a l’extérieur et donc la création bis de la pluie avec ce duo incroyable que forment Gaby Levasseur et Marie-Pascale Grenier.


    Vous savez que la médecine contemporaine m’a transformé en tortue ! Avec ma coque sur le dos je vais beaucoup plus lentement ! Ne vous offusquez pas si parfois je ne vous réponds pas c’est que je suis concentré sur la station debout ! Le soir du 16 je voudrais dédier ce spectacle à mon beauf qui est resté debout droit sur ses pédales de vélo jusqu’au bout du bout! Soyons tous des lanceurs d’alerte ! Un appelé de tes mains !
    Jean-Louis Heckel

  • 13
    Mai 19

    Événements

    Une nouvelle saison d'utopies !

    Retrouvez les événements qui ponctueront le premier trimestre de cette nouvelle saison la-nef.org/creations/residences Si vous souhaitez vous former aux arts de la marionnettes jetez un oeil ici la-nef.org/transmissions/stages Au plaisir de vous retrouver le 2 septembre pour le premier rendez-vous de la saison la-nef.org/le-lieu/rendez-vous/kabaret-p-o-p Bel été à vous !

    Retrouvez les événements qui ponctueront le premier trimestre de cette nouvelle saison la-nef.org/creations/residences

    Si vous souhaitez vous former aux arts de la marionnettes jetez un oeil ici la-nef.org/transmissions/stages

    Au plaisir de vous retrouver le 2 septembre pour le premier rendez-vous de la saison la-nef.org/le-lieu/rendez-vous/kabaret-p-o-p

    Bel été à vous !

  • 13
    Mai 19

    Événements

    Stage Danse et Manipulation reporté au 3 juin et nouveau tarif!

    Pour répondre aux désirs des uns et des autres et à l’envie de travailler avec Yasmine Hugonnet et Jean-Louis Heckel, nous reportons le stage « Danse et Manipulation » - initialement prévu du 18 au 22 mars 2019 - et nous vous le proposons au tarif exceptionnel (en auto-financement) à 480 euros TTC.

  • 14
    Octobre 19

    Édito

    Les Etats Généreux

    L’Entrée des artistes En général, celle-ci est discrète, à l’arrière du théâtre, dans une rue adjacente, un peu secrète, un peu fantasmatique. On passe par la petite porte pour se retrouver dans les coulisses, dans les loges, et même dans les grandes maisons. Ces entrées sont toujours privées et personnelles. C’est bien par là que nous sommes entrés pendant les trois jours des États Généreux. D’abord je souhaite re…

    L’Entrée des artistes

    En général, celle-ci est discrète, à l’arrière du théâtre, dans une rue adjacente, un peu secrète, un peu fantasmatique. On passe par la petite porte pour se retrouver dans les coulisses, dans les loges, et même dans les grandes maisons. Ces entrées sont toujours privées et personnelles. C’est bien par là que nous sommes entrés pendant les trois jours des États Généreux.


    D’abord je souhaite remercier ici chaleureusement les braves et courageux petits soldats : je parle des compagnies présentes. Pour nous, ce débat était urgent et nécessaire, vital même ! Trois jours pour suspendre le temps, et le prendre.
    Que faire pour dépasser et transcender nos soucis du moment, le but étant de ne pas refaire une nouvelle cour de plaintes et de récriminations ?


    Revenons toujours à la place de l’artiste, pris dans les affres des dossiers, et de tout le travail administratif qu’il y a autour. Dans ce système néolibéral triomphant, comment faire pour ne pas se transformer en petite Start Up ?
    Avoir les moyens de faire de beaux tableaux Excel, ou savoir équilibrer un budget semble être une priorité pour les tutelles. Aucune école ne nous apprend cela. On improvise, on apprend sur le tas, et du coup, sans aucun recul, on formate nos créations, on les met au diapason des musiques ambiantes. Pas de fausses notes, pas de dissonances !
    Une des réponses à la Nef est de ne plus programmer à l’année mais de semestre en semestre, pour se rapprocher au maximum de l’élan premier : le désir de la création, et éviter que ce désir ne s’émousse dans des temporalités distendues.

    Dans ce même état d’esprit, il faut réussir à faire entendre qu’une reprise de spectacle est aussi importante qu’une création. On dit que la durée de vie moyenne d’une création est de 4 à 8 représentations, c’est beaucoup trop peu. Il nous faut faire entendre aux tutelles et aux lieux de diffusion cette nécessité de faire maturer les créations, et de nous donner les moyens de les montrer au public, au lieu de produire des créations kleenex ! Il est important aussi que les tutelles puissent trouver et prendre le temps de faire des retours détaillés sur les raisons de leurs refus, lors des commissions d’attribution de subventions.


    Quel est ton glyphosate ? Telle est la question qu’on a pu se poser en faisant un parallèle direct entre le monde paysan et celui de la culture. Que veut dire créer en circuit court ? Une AMAP culturelle ? Y a t-il des créateurs qui s’inscrivent dans la philosophie de la décroissance ? Dans le monde paysan, c’est le règne absolu de la monoculture. Comment peut on créer dans la biodiversité ? Que signifie de ne pas utiliser le glyphosate culturel ? Nous avons plein de pesticides. Le premier étant en ce moment l’auto censure, le politiquement correct. Je m’applique cela à moi aussi. Comment faire pour sortir de ce cercle vertueux ? Comment faire pour être indépendant et libre ?
    Arrêtons de faire l’autruche ! La tête dans le sable, le nez dans le guidon, tout le monde s’arc-boute pour arriver devant un point qui tout le temps se déplace, et paraît de plus en plus inaccessible, un vrai cauchemar.


    Dans la foulée des États généreux, il y a eu le Festival Mondial des Théâtres de Marionnettes où tous les marionnettistes ont tourné en rond autour de la place Ducale comme à la Mecque ! Autant la programmation du In était pleine et cohérente, autant j’étais un peu scandalisé par les conditions du Off. Une foi de plus ce sont les petites compagnies qui portent et paient un lourd tribut au succès de ce festival. C’est bien elles qui se font manger la laine sur le dos et j’aimerais beaucoup connaître les bilans financiers de ces lieux improbables qui travaillent dans des conditions très précaires et mêmes dangereuses. Qui va le dire ? Et comment faire pour enrayer cette machine infernale de la productivité et du mercantilisme ?
    Puisqu’il est question d’annualiser le festival, nous n’allons pas en faire plus avec moins mais essayons de reprendre nos créations, pensées localement. Cela veut dire s’enraciner suffisamment pour pouvoir raconter une universalité et la transversalité du propos.


    A la Nef, j’ai conscience que les lieux comme cette petite manufacture d’utopies sont ou peuvent être au centre du débat. Que ceux qui l’ont ouvert avec nous lors de ces États Généreux soient ici chaleureusement remerciés et conviés à poursuivre le dialogue pour arriver à formuler notre mal être mais aussi le bonheur d’être en relation permanente avec la création.


    On va la réaliser cette charte ?
    Dans ce futur manifeste, on pourrait y inscrire la nécessité de ne tourner qu’avec deux services de montage maximum et demander la présence impérieuse (même pour un théâtre visuel) d’un dramaturge. Revenir aussi à l’interprétation et à la constitution d’un répertoire de formes imposées comme le numéro des Autruches ou le Pierrot de Philippe Genty, Les Mains de Yves Joly pour constituer une mémoire des créations emblématiques qui ont jalonné l’histoire de la marionnette contemporaine. On attend vos suggestions !
    On pourrait également proposer une concertation une fois par semestre car le principal acquis des États Généreux a été une prise de parole, une qualité d’écoute et un regain d’intérêt pour le sens collectif.


    Retrouvons- nous le 19 décembre pour poursuivre les discussions cette fois-ci autour du thème du compagnonnage plus précisément. D’autres RDV seront proposés dans la saison également.


    A vos plumes !

    Jean-Louis Heckel

    LES ETATS GENEREUX
    10-11-12 septembre 2019
    La Nef - Manufacture d’utopies
    Présents:
    Catherine Pollet / Chargée de projet cirque, marionnette et théâtre d’objet,
    arts de la rue, dynamiques territoriales, Département de la Seine Saint-Denis
    Agnès Sighicelli / Compagnie Fleming Welt
    Pascale Goubert
    Miguel Angel et Nathalie Sevilla / Compagnie a Force de Rêver
    Bruno Michellod et Stéphane Bientz / Compagnie La Barbe à Maman
    Elisabetta Giambartolomei / Argano Theatro
    Aurélia Labayle et Aurélie Vilette / Compagnie Les Crayons
    Rébecca Joly / Compagnie Fouxfeurieux
    Guillaume Lecamus / Compagnie Morbus Théâtre
    Anaïs Mourot / Théâtre aux Mains Nues
    Claire Duchez et Alexandra Vuillet / Themaa
    Jonathan Heckel / Compagnie Avide
    Lydie Marsan / Compagnie Ixtlan
    Caroline Weiss Diesbach

  • 17
    Avril 19

    Événements

    Artiste en compagnonnage 2018-2021

    Le compagnonnage est un accompagnement long d’artiste en création. Il s’inscrit logiquement dans le projet artistique de La Nef et plus particulièrement dans son souhait de transmission. Depuis 2009, La Nef - Manufacture d’utopies est référencée Lieu Compagnonnage Marionnette par la Direction Générale de la Création Artistique (DGCA), Ministère de la Culture et de la Communication. Alexandra Shiva-Melis, C…

    Le compagnonnage est un accompagnement long d’artiste en création.
    Il s’inscrit logiquement dans le projet artistique de La Nef et plus particulièrement dans son souhait de transmission.
    Depuis 2009, La Nef - Manufacture d’utopies est référencée Lieu Compagnonnage Marionnette par la Direction Générale de la Création Artistique (DGCA), Ministère de la Culture et de la Communication.

    Alexandra Shiva-Melis, Compagnie It’s Ty Time - 2018/2021



    Création du spectacle Toxic, et actions artistiques, avec le soutien du Département de la Seine Saint Denis dans le cadre du compagnnonage.
    Pièce pour une marionnette et une comédienne


    Toxic, c’est l’histoire d’une plongée tendre et cruelle au cœur de la relation à l’autre avec en toile de fond le mythe de la “grande dévoration”. Celui que l’on trouve dans les contes de fées ou dans les jeux aigres-doux de l’enfance quand on joue à se croquer! Comment se nourrir de l’autre sans le dévorer ou se faire manger ?