Les Multigrouillæs

Cie Fléchir le vide en avant en faisant une torsion de côté

Nuage
  • Du 17 au 28 Janvier — 2022

Cie Fléchir le vide en avant en faisant une torsion de côté

Public : Tout public à partir de 6 ans
Durée : en cours
Création janvier 2022



En résidence de création du 17 au 28 janvier 2022

Marionnettes / Théâtre de matière
Construit de reliefs entremêlées, le microcosme des Multigrouillæs est fourni de recoins et d’individus insectoïdes à découvrir : certain·e·s rampent, d’autres grouillent et on en croise parfois qui volètent distraitement autour de leur précieux minerai lumineux : la loupiote. Le jour où la loupiote vient à manquer, leur monde est chamboulé. Le récif survivant se tisse alors de relations complexes entre les grouillant.e.s et d’autres éléments vivants de ce monde. Un dense réseau d’interdépendances, d’hybridations et d’échanges participe à un équilibre et une métamorphose continue. De multiples histoires se déplient et se superposent pour questionner nos propres rapports au monde et aux espèces qui le peuplent. L’univers imaginaire et plastique propose une traversée imagée et sonore à la frontière entre la peur et la curiosité dans laquelle il s’agit d’éveiller l’attention des (jeunes) spectateur.rice.s, leur permettre de plonger sans trop de crainte et armé.e.s d’un peu de poésie dans notre monde.
TEASER

Equipe

Création collective
Coordination à la mise en scène : Fanny Scherer
Jeu: Morgane Cornet, Juliette Lamas et Emmanuel Rovira Figols
Création Lumière : Elias Farkli
Création Sonore : Kaspar Tainturier Fink
Coordination Dramaturgie : Emmanuel Rovira Figols
Coordination scénographie et crédit photos : Juliette Lamas
Couture : Lucie Marchand
Plasticien.ne.s : Thomas Naulin et Julie Kieffer

NOTE D’INTENTION

Nous sommes face à l’ère de l’anthropocène, face aux différentes transformations majeures des environnements dans lesquelles nous vivons et aux mutations qu’elles engendrent dans nos rapports au monde. Nous avons le désir de nous engouffrer dans l’invitation « chthulu » de Donna Harraway. La scientifique américaine nous amène à prendre en compte et exister dans le monde avec la « multiplicité des existants d’une part et, d’autre part, [avec] la multiplicité des façons qu’ils ont d’exister ». De ce désir d’exploration est née la recherche autour des « multigrouillæs ».
Nous avons choisi de travailler avec la marionnette pour appréhender la fragilité de notre monde à travers de nouveaux prismes, en tentant de « dépasser les dualismes entre nature et société, individu et collectif, corps et esprit, animé et inanimé ». Les matières et matériaux que nous utilisons entrent en interdépendance entre paysage-décor, manipulateur.rice.s et espèces multigrouillæs. Il ne s’agit pas de manipuler en se plaçant dans un rapport de supériorité à la matière mais bien de faire émerger son organicité potentielle. D’abord, construire des formes insectoïdes : carapaces, antennes, pattes grouillantes, corps souples rampants… en partant directement des matériaux et de ce qu’ils ont à nous raconter intuitivement. Ces marionnettes-matières vont ainsi constituer un peuple grouillant protéiforme. Ensuite, à travers l’expérimentation au plateau, chercher des langages (non humains) les plus appropriés aux formes de corps, faire émerger une véritable personnalité pour chacun·e des multigrouillæs. Nous souhaitons trouver en elleux une véritable interface sensible entre nous/elleux/le public. Trouver, grâce à ces objets aux frontières de l’organique et de l’inorganique, de nouvelles possibilités relationnelles et tenter de s’éloigner des représentations anthropomorphiques écrasantes et destructrices. C’est une forme qui nous permet une bascule pour jouer entre réel et fiction, une bascule vers la métamorphose. L’espace dans lequel els évoluent est une géographie en mutation. Nous souhaitons proposer un paysage hybride qui se plait à voyager entre organique-minéral-végétal-aquatique, afin de laisser ouvert les différents possibles. Les multigrouillæs aiment la «loupiote» et pour cela, els puisent frénétiquement dans le sol pour en tirer la quantité nécessaire.
L’histoire racontée au plateau a lieu lorsqu’à force de trop puiser de loupiote, leur monde s’écroule, fragilisé par leur frénésie à extraire toute la loupiote de leurs sous-sols. Les images prennent vie sur un plateau très sombre où ce territoire inconnu se laisse découvrir par fragments. Dévoilés par des éclairages ciblés, les multigrouillæs se laissent rencontrer à travers une articulation d’évènements discrets ponctuant leurs trajectoires quotidiennes et leur désarroi à l’intérieur d’un monde qui s’effrite sous leurs pattes.
Nous cherchons, à l’intérieur de cet environnement, des images et situations à la frontière de la peur, traitées avec humour et poésie. Dans son livre La survivance des lucioles Didi Hubermann souligne l’importance de déceler « les espaces interstitiels, intermittents, nomades, (…) des espaces qui apparaissent comme des ouvertures, des possibles, des lueurs, des malgré tout, plutôt que de se laisser aveugler par des projecteurs ou abdiquer face à une obscurité que l’on croit totale ».
Nous voulons nous questionner et ouvrir des discussions sur des formes de survivances possibles au sein d’un monde abîmé, en essayant d’éviter toute forme de morale ou de réponse préconstruite, créer des images et des ambiances à l’intention d’un public jeune, pouvant nourrir leurs imaginaires et, nous l’espérons, élargir leurs réflexions futures.
*Les multigrouillæs sont pour nous l’occasion de faire exister une espèce hermaphrodite, vous trouverez pour cela certains néologismes adoptés en écriture inclusive tels que « elleux », « els » (…)

Fléchir le vide

La compagnie Fléchir le vide est un collectif à la croisée de différentes pratiques artistiques et en recherche de nouveaux langages. Nos créations ont en commun la volonté de traiter des affaires complexes du monde avec poésie et humour. Nous souhaitons interroger collectivement nos pratiques et notre rapport au vivant en faisant la part belle à l’expérimentation, à l’hybridité et aux dialogues

Partenaires

Coproduction: Le Grrranit (Scène nationale de Belfort), La Nef
Soutiens: La Minoterie (Dijon), l’Usinotopie (Villemur sur Tarn), Les 2 Scènes (Scène nationale de Besançon), l’Arc (Scène nationale du Creusot), Théâtre de l’Unité (Audincourt), compagnie Projet D (Mesnay), la Nef (Pantin), CDN (Besançon), Théâtre de la Bouloie (Besançon), Drac Bourgogne - Franche-Comté, Département du Doubs, Ville de Besançon.